|
La Petite Patrie
"Pages d'automne""
Maizières, lieu charmant, retraite calme et douce,
Asile de verdure au pied des hauts rochers,
Des blonds côteaux de vigne et des pentes de mousse,
Nid paisible que berce, en murmures légers,
La chanson de la Loue au bord de tes vergers."
L'Ecole
"Artisans méconnus de nos grandeurs futures,
Plein de foi courageuse et de virile ardeur,
Vous faites une aurore en nos routes obscures
Et préparez nos fils au combat de l'honneur.
...
Vous ranimez le coeur de la pauvre Patrie,
Et vous vivifiez son âme endolorie
Par le pain de justice et l'air de liberté.
Et puis, quand vous aurez tué votre constance
A cet oeuvre géant, ressusciter la France,
Vous mourrez sans savoir qui vous avez été.
"Aux Instituteurs" 1884
La Nature
"Le Clavier d'or"
"Les nids vont chanter, les prés vont fleurir,
L'écorce a des bruits de sève qui pousse,
Un faune narquois, riant dans la mousse
Invite les coeurs dès l'aube à s'ouvrir."
Le Parapluie
"Quand il fait mauvais temps, tout le monde s'en sert.
Dès qu'il fait beau, tout le monde le quitte.
Contre les coups du sort, ainsi, l'homme s'abrite ;
Auprès d'un bienfaiteur, il se met à couvert ;
Mais viennent d'heureux jours, aussitôt, il l'évite.
Ingrats, vous l'oubliez si vite !"
La grande patrie
Patriote espérant la revanche comme tous les français de l'époque.
"La revanche ! Ah ! Sois sûr que son heure viendra !
Tout outrage à l'honneur appelle une vengeance :
Pour laver sans retour la honte de la France,
Un déluge nouveau, Prusse, t'envahira !
L'Aigle et le Limaçon
Sur une haute cime, à côté de son aire,
L'aigle rencontre un jour le hideux limaçon.
"Mais quelle façon,
Lui dit le fier oiseau du maître du tonnerre,
As-tu pu parvenir sur ce roc escarpé ?
Sans ailes et sans pieds, c'est extraordinaire !"
L'autre répond : "Rien n'est plus simple, j'ai rampé."
|